Un nouveau centre de recherche et d’enseignement à l’ÉHESS

 Centre d’études en sciences sociales du religieux – CéSor

 

Organigramme :

– Direction : Nathalie Luca  et Pierre Antoine Fabre : cesor@ehess.fr

– Gestion financière  : Teresa Delattre  teresa.delattre@ehess.fr 

01 53 10 54 49

– Secrétariat : Caroline Baros caroline.baros@ehess.fr

 01 53 10 54 39

– Communication et médias : Stéphane Eloy eloy@ehess.fr

01 53 10 54 68

– Bibliothèque : Yamina Irid  – yamina.irid@ehess.fr

01 53 10 54 35

– Publications scientifiques : Bénédicte Bruun et Agnès Rousseau (ASSR) ; Smaragda Odorico (publications du groupe d’études byzantines et néo-helléniques).


La création du CéSor, Centre d’études en sciences sociales du religieux, est le résultat de la dynamique enclenchée par la création du Programme de recherches interdisciplinaires (PRI) « Sciences sociales du religieux » en janvier 2013. Ce PRI a permis d’initier des rencontres entre champs, de développer une réflexion de méthode (catégories, notions et concepts aux fondements des sciences sociales des religions), et de proposer une approche transversale de l’architectonique des savoirs à la genèse de nos pratiques académiques. De surcroît, la mise en réseau des institutions dans le cadre du plan Campus et la constitution des « communautés universitaires » ont poussé les chercheurs et enseignants-chercheurs de (ou rattachés à) l’ÉHESS à réfléchir à l’organisation et à la rationalisation de l’offre en matière de religieux à l’horizon du Campus Condorcet. Dans cette perspective, et par souci d’établir à l’ÉHESS une base lisible et forte en matière de recherche et de formation à la recherche dans le domaine du religieux, il a semblé raisonnable de regrouper des chercheurs travaillant déjà ensemble ou étant invités à le faire. Le CéSor réunit une UMR ÉHESS/CNRS (8216), le CEIFR (Centre d’études interdisciplinaires des faits religieux, UMR 8216), et deux équipes en provenance du Centre de recherches historiques (CRH), le Centre d’anthropologie religieuse européenne (CARE ) et le Centre d’études byzantines, néo-helléniques et sud-est européennes.

Né de la rencontre par étapes, au gré d’initiatives de travail collectif (tels les séminaires du Dictionnaire des faits religieux), le rapprochement du CARE et du CEIFR a été longuement mûri. Plus tardivement envisagé, le rattachement du Centre d’études byzantines et néo-helléniques n’est pas moins logique, nombre de problèmes abordés par les historiens du CARE et des anthropologues, historiens et sociologues du CEIFR recoupant ceux des « byzantinistes » et « néo-hellénistes », à commencer par les possibilités de confronter systématiquement les questions de chrétienté entre Orient et Occident, de relativiser le poids de la catholicité au sein du christianisme, de renforcer l’axe des études sur les Balkans, la Méditerranée orientale et le Proche-Orient entre histoire et anthropologie (notamment en matière d’anthropologie de l’écrit, et d’étude de sociologie des croyances), et globalement d’élargir les problématiques transnationales à l’étude de la circulation et de la confrontation des hommes, des textes, des pratiques et des habitus religieux.

Une pareille ouverture doit permettre au centre de s’adjoindre de nouveaux membres. C’est déjà le cas de deux anthropologues du religieux dans l’aire caraïbo-américaine, Catherine Alès et Stefania Capone (CNRS), dont les travaux permettront, pour l’une, un questionnement comparatif et pluridisciplinaire sur les conceptions de la mortalité et de l’immortalité et leurs liens avec les modes de perpétuation des sociétés à partir du cas des Yanomani (Venezuela), et, pour l’autre, l’affichage d’une problématique transnationale centrée sur les notions d’Atlantique noire, de diaspora et sur les questions d’implantation de pratiques religieuses en contexte de migration ; au titre des associés, viennent également s’adjoindre les membres du Groupe de recherche sur l’histoire des missions d’évangélisation (Charlotte de Castelnau, Juan Carlos Estenssoro, Marie-Lucie Copete, Aliocha Maldavsky et Inès Zupanov) fondé par Pierre Antoine Fabre et Bernard Vincent il y a près de 20 ans, riche de nombreuses publications et qui trouve aujourd’hui dans cette association une pleine reconnaissance.

Marie Lezowski (École française de Rome), spécialiste des objets de dévotion, de leur commerce et de leur culte dans le christianisme moderne a également demandé a être associée au nouveau centre, venant renforcer la coopération de l’actuel CARE avec l’École française de Rome.

La cohérence du regroupement réalisé est de rationaliser l’offre de l’ÉHESS dans le secteur des sciences sociales du religieux en favorisant au maximum les synergies à l’intérieur de l’établissement avec d’autres laboratoires relevant d’aires culturelles ou de disciplines spécifiques, à l’image de la collaboration de longue date entre le CEIFR et le Centre Inde ou celle du CARE avec le GAHOM (CRH). Le maintien à court terme du PRI « Religieux et sciences sociales » doit permettre à la fois de dynamiser les rapprochements entre équipes relevant d’aires culturelles différentes mais également intéressées par le traitement du religieux, et de poursuivre la collaboration entamée avec le pôle régional de Toulouse, en orientant les travaux communs autour du problème des « dissidences » doté d’un fort ancrage régional au pays du catharisme. Ad extra la nouvelle équipe est aussi appelée à renforcer la collaboration avec cet autre partenaire naturel du côté des études sur l’islam : l’ISSMM. Mais le grand chantier du CéSor s’inscrit à l’horizon du Campus Condorcet qui devrait permettre d’intensifier les relations de travail avec d’autres équipes de l’ÉPHE (GSRL et LEM), et des universités Paris 1, Paris 8 et Paris 13 autour de centres d’intérêt communs :

– l’enseignement et la formation à la recherche : au master en sciences sociales des religions cohabilité avec l’ÉPHE pourrait s’ajouter une mention doctorale commune ; pour la formation à l’adresse du grand public, l’expérience de l’ÉHESS au sein des Cercles de formation pourrait être précieuse pour développer les activités de l’Institut européen des sciences des religions (IESR), actuellement animé et géré par l’ÉPHE.

– le fonds documentaire Condorcet en gestation avec un accompagnement de l’archivage (fonds de chercheurs et enseignants-chercheurs) et le traitement scientifique de la matière à l’instar de l’opération lancée sur les « Archives du Groupe de Sociologie des Religions ».

– la concertation sur les politiques d’acquisition entre la bibliothèque de l’actuel CARE (appelée à former le noyau de celle du CéSor) et la bibliothèque de sciences religieuses de l’ÉPHE, cela dans les perspectives communes en matière de bibliothèques sur le Campus Condorcet.

– les publications : la collaboration existante au sein des Archives de Sciences Sociales des Religions, qui rassemble des chercheurs et des enseignants-chercheurs relevant d’institutions diverses (principalement de l’ÉHESS et de l’ÉPHE) doit, espère-t-on, se poursuivre et se développer dans le cadre d’un pôle revues et publications : « Le religieux à Condorcet ».

Enfin, l’entrée de l’ÉHESS et de l’ÉPHE dans une nouvelle Comue (Paris Sciences et Lettres) nous permettra de renforcer les liens entre les deux institutions, déjà solidement noués au sein du Labex Hastec, de la revue Archives de sciences sociales des religions et des Ateliers Condorcet. Elle laisse également espérer la constitution d’un nouveau pôle de collaborations, encore à venir, avec les futurs partenaires de l’ÉHESS, spécialement du côté de l’ÉNS.


 

En janvier 2015 le centre comporte 32 membres titulaires et 44 membres associés et 51 doctorants.

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