Soutenance de thèse d’Amélie Sagasser

Vendredi 12 mai 2017, 14h – salle de conférence de l’Institut historique allemand de Paris

Institut historique allemand de Paris – Hôtel Duret-de-Chevry – 8 rue du Parc-Royal – 75003 Paris

Juifs et Judaïsme à l’époque carolingienne

À rebours d’une vision de l’Empire carolingien défini comme une entité homogène, la société carolingienne se caractérisait par sa diversité ethnique, culturelle et religieuse. En plus de faire face à l’altérité à l’intérieur de l’Empire, les souverains carolingiens étaient confrontés à des populations très diverses en périphérie de celui-ci : à l’image des juifs, des musulmans ou des Espagnols. Cette thèse s’intéresse plus précisément aux juifs du territoire carolingien, sous le règne des rois et empereurs carolingien (entre 750 – 900). Cet objet de recherche, souvent abordé, n’a jamais fait l’objet d’un traitement systématique. À partir d’un corpus de sources normatives, ce travail analyse comment les autorités séculières et ecclésiales traitaient des juifs ou du judaïsme dans leurs législations. Dans un premier temps, il opère une analyse systématique de chaque source, afin de dresser un tableau de toutes les facettes des traitements des autorités chrétiennes (séculières et ecclésiales) à l’égard des juifs et du judaïsme. Dans un deuxième temps, il s’attache à définir la place de cette minorité juive au sein d’une société carolingienne qui se veut chrétienne. En confrontant l’idée du juif réel avec celle du juif ou du judaïsme imaginaire ou imaginé et celle du « juif herméneutique », concept introduit par Jeremy Cohen donnant aux juifs dans les textes théologiques un rôle de figure ajustable à l’argumentation, cette thèse propose les concepts de « juif historique » et de « juif politisé » comme clé de lecture de la place des juifs ou du judaïsme dans les sources législatives.

Thèse réalisée sous la codirection de Dominique Iogna-Prat et Johannes Heil

Jury : Geneviève Bührer-Thierry (Sorbonne Paris 1), Wolfram Drews (université de Münster, Allemagne),  Sylvie-Anne Goldberg (EHESS-EJ),  Rolf Grosse (Institut historique allemand, Paris et Université de Heidelberg, Allemagne), Johannes Heil (École supérieure des Études Juives à Heidelberg et Université de Heidelberg, Allemagne) – directeur de thèse,  Dominique Iogna-Prat  (EHESS-CéSor)

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