Hiba Abid

Après des études en Histoire de l’art, Hiba Abid s’est spécialisée dans l’art des manuscrits en écriture arabe en se concentrant particulièrement sur l’Occident musulman à l’époque pré-moderne (XVIe-XIXe siècles). Sa thèse de doctorat, menée à l’École Pratique des Hautes Études sous la direction de François Déroche (Collège de France, PSL), portait sur la tradition manuscrite du Dalā’il al-Khayrāt au Maghreb (XVIe-XIXe s.), un livre de prières en l’honneur du Prophète composé par le mystique marocain Muḥammad b. Sulaymān al-Jazūlī (m. 1465). Sa recherche a alors été rendue possible grâce à une résidence au Kunsthistorisches Institut de Florence – Max Planck Institute (2010-2011), sa participation au programme de chercheurs associés à la Bibliothèque nationale de France (2012-2014), une résidence de recherches à la Staatsbibliothek zu Berlin (2015) et, enfin, en intégrant l’équipe du projet ERC-SICLE de François Déroche (Collège de France, PSL) en qualité de doctorante (2016) et de post-doctorante (2017-2019). Dans ce cadre, elle s’est notamment intéressée aux goûts artistiques de la dynastie saadienne, à la circulation des livres entre le Maghrib al-Aqṣā et l’Empire ottoman ou l’Europe, en s’appuyant sur l’examen matériel des manuscrits de la bibliothèque sultanienne à San Lorenzo de El Escorial et leurs décors enluminés et peints.
Parallèlement, Hiba Abid a participé à des projets de recherche divers, par l’intégration à l’équipe franco-allemande de l’ANR-DFG « PROPHET » consacrée à l’étude de la figure prophétique à travers sa communauté, et à l’équipe américaine du Metropolitan Museum of Art of New York pour le projet « From West Africa to Southeast Asia: The History of Muḥammad al-Jazūlī’s Dalā’il al-Khayrāt prayer book (15th – 20th centuries) ». À la faveur de ces collaborations, elle souhaite aujourd’hui investir des méthodologies encore peu exploitées et documentées dans les recherches sur le monde arabe pour interroger notamment les usages populaires et les pratiques rituelles des livres de prières en Afrique du Nord à l’époque pré-moderne, leurs modalités de production, ou pour approfondir la question de l’iconographie des lieux de pèlerinages et le regard du lecteur face à l’image religieuse. Dès lors, le CéSor, qui contribue à la construction d’un réseau d’historiens, d’anthropologues, de sociologues et de linguistes croisant de manière inédite leurs méthodologies et compétences, jusqu’alors restées relativement isolées les unes des autres, constitue l’unité de recherche privilégiée du développement de ses recherches à l’EHESS.

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